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Retour sur une soirée de prestige organisé par le créateur malvoyant, Mason Ewings, dans le triangle d’or de Paris. Défilé de mode, célébrités, vente aux enchères et petits four, tous les éléments étaient pourtant réunis pour une nuit réussi, mais en a-t-il vraiment été ainsi ? 

Ceci est un journal de bord, dans lequel nous exprimons notre avis, opinions, humeurs sur les événements auxquels nous avons l’occasion d’assister. Ici, pas de com’, juste notre œil de spectatrices. Nous ne sommes pas responsables de la perception et de la sensibilité de chacun : comme le disait un grand humoriste : “On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui”. Notre humour n’engageant que nous, alors, bonne lecture !

Okabol – Mardi 24 Novembre 2015

« Sorties tout droit du travail, comme à notre habitude, nous embarquons dans un Uber qui d’ailleurs s’est montré très peu chaleureux. « On arrive dans longtemps ? » s’exclame ma compère, assise derrière moi. Grand moment de solitude. Une question qui fut restée sans réponses. De quoi nous mettre dans de bonnes conditions ! Nicolas si tu passes par là… Une fois arrivée à bon port, je fus surprise que l’événement ne se tienne pas dans le mythique hôtel Georges V mais dans l’annexe « Eurosites » située au 28 avenue Georges V, un lieu plutôt luxueux et chaleureux. » E.

« Cette semaine-là est passée à une vitesse qui dépasse celle de l’éclair. En effet nous venions à peine de revenir de la soirée de Londres qu’il fallait déjà s’engouffrer ailleurs. Vendredi 30 octobre, au Georges V (pas le palace d’en face on est d’accord, mais plutôt Eurosites Georges V), le créateur camerounais et américain Mason Ewing donnait une soirée autour de son association et de ses créations. Sa particularité : le monsieur est malvoyant. » A.
C’est clair, nous ne sommes plus à Londres

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« Arrivées à l’accueil, nous nous présentons sous le nom d’Okabol. A…, sur liste, rentre sans problème avec un badge attitré. Pour ma part, grand moment de solitude, je ne figure pas sur la liste… Heureusement que je ne suis pas du genre susceptible. Ce qui m’a le plus interpellé, ce n’est pas le fait que mon nom ne figure pas sur cette liste mais plus la détermination du staff à me remettre absolument THE badge. « – Épelez moi votre nom… non, non, écrivez le moi, je dois vous faire le badge, je suis en charge des badges! » rétorque le Monsieur. » E.

« Nous avançons vers le lobby, et là, les problèmes débutent « Perrier ? Je ne trouve pas, quel média ? Vous êtes sûres ? » autant de zèle pour finalement entrer. Quelle fut ma surprise quand je vis la foule. Je ne sais pas mais sur le carton d’invitation j’ai cru comprendre que la soirée serait autour de la « mode » ; les invités ont dû omettre ce détail. » A.

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« Dans l’attente de ce fameux badge, nous nous décidâmes à entrer dans la salle de réception. Au menu, une ambiance tamisée avec un public en phase de networking, en majorité assez jeune, discutant entre eux, coupes de champagne à la main. Soudain, un sens critique se développe en moi. En effet, le dress code n’était pas le point d’honneur de cette soirée. Si j’avais su moi aussi j’aurais mis mes Superstar… » E.

« Du vin BLANC, tel est mon besoin du moment.  » – on a du champagne, du jus ou du Bissap congolais !  » (Pardonnez mon ignorance, mais quelle est la différence avec les autres jus de Bissap ?) Bref, plus que la solitude, je ne savais pas trop quoi faire après ça, même le champagne a du mal à me convaincre. Moi qui pensais que l’on était déjà en retard… « Selfies ? – oui! » Faisons ça. » A.

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Des enchères en apparence peu lucratives

« Trêve de selfie-attitude, on nous indique qu’il est temps de monter à la pour accéder à la vente aux enchères. Arrivées dans une salle qui ressemblait fortement à une salle de cinéma avec l’estrade en plus, nous nous asseyons sur le côté gauche. Pas plus de la moitié des places du milieu étaient occupées. C’est à ce moment-là que je me suis dit que la vente aux enchères risquait d’être compliquée. Et ah oui ! Au passage, mission accomplie pour le monsieur du staff qui m’a cherché dans toute la salle pour me remettre mon badge ! » E.

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« Avec un peu d’observation, on remarque que la plupart des invités sont des proches du styliste, et des proches pas spécialement pressés de sortir leur portefeuille. Les discours s’enchaînent et l’argent se cache. Le discours d’ouverture de Mason Cyrille Elong Ewing, de son vrai nom, est assez émouvant. L’homme a souffert en étant torturé dans son enfance, ce qui lui a causé d’avoir perdu une partie de sa vision aujourd’hui. Voilà d’où il tient cette ambition d’améliorer la condition des enfants maltraité ou violenté dans le monde par le biais de son association, S.O.S Madison International. Cependant, cette séquence émotion ne suffit pas pour encourager la foule a dépensé. En même temps la majeure partie des pièces vendues appartiennent à des personnalités peu connues du grand public, même le bagout et l’insistance de l’animatrice ne suffisent pas. »A.

« Collecter des fonds pour une bonne cause grâce à une vente aux enchères, je suis totalement pour ; encore aurait-il fallu inviter des spécialistes du monde l’art, de la mode mais aussi des célébrités et des artistes qui s’associent régulièrement à ce type d’événements. Au vu du faible taux des mains levées, ce ne fut pas le cas. Une vente aux enchères, ça réclame du temps et une bonne organisation. Ce que nous avons pu entendre : « Merci à l’animatrice de la vente qui a pu se libérer en dernière minute pour assurer cette vente aux enchères« … » E.

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Trésor Makunda

« Le relation presse du créateur s’improvise à son tour commissaire-priseur, le maillot de l’athlète français malvoyant Trésor Makunda, l’album d’Alibi Montana, les créations de Mason Ewing sont mises en vente. « Personne ? Tous ces objets pourront être mis en vente à la fin de la soirée« . Oui, peut-être que certains sont plus à l’aise pour effectuer des transactions en aparté… » A.

« Deux ventes assez « dynamiques » ont marqué mon esprit : un sublime collier en diamant et une bouteille de champagne dont le nom m’échappe.
Parmi les autres objets mis en vente on pouvait y trouver la robe de la collection Mason Ewing et le maillot dédicacé de l’athlète malvoyant Trésor Makunda. Objets qui n’ont fait aucun heureux élus. Une fois la vente aux enchères terminée, s’en est suivi la prestation de Charly Nyobé du Jamel Comedy Club, un jeune humoriste prometteur, qui m’a littéralement fait pleurer de rire. Pour conclure cette levée de fonds, un nouveau discours émouvant fut prononcé par Monsieur Elong Ewing sur les enjeux et les objectifs de son association.
Après une vague d’émotion qui envahit la salle, place au défilé « Espoir Pour l’Avenir » qui se déroulera…. sur l’estrade. » E.

La cerise sur le gâteau

« La fatigue s’empare déjà de moi, et je dois dire qu’à part la prestation de Charly Nyobé, les mannequins ont su m’amuser. Le passage de l’ancien mannequin d’Yves Saint Laurent, Rebecca Ayoko, a sans aucun doute été pour moi le clou du spectacle. Je ne sais pas si cela faisait partie de la mise en scène mais j’ai cru l’apercevoir à moult reprises handicapée par sa traîne qui se bloquait sur l’estrade (lol). » A.

« Des mannequins assez casual déambulaient les uns après les autres, ne permettant pas aux spectateurs de s’approcher pour jauger les pièces présentées. L’agencement de la salle (type salle de conférence avec estrade et pupitre) ne le permettait pas spécialement non plus. Il était difficile de correctement visualiser l’ensemble des détails. De loin, nous pouvions quand même admirer le travail de cet homme malvoyant dit Ovni. Je ne porterais pas personnellement les pièces, mais elles étaient bien ajustées sur les mannequins. Chaque robe avait sa propre histoire, jouissant chacune de couleurs vives dotées d’une matière lumineuse ressemblant à de la soie. La robe qui retiendra toute mon attention sera celle qui clôturera le défilé portée par l’ancienne égérie d’Yves Saint Laurent. Une robe, qui de par sa beauté, générera un tonnerre d’applaudissements. Dans l’ensemble ce fut un show qui ne coche pas toutes les cases : un défilé classique et plus ou moins distrayant. Monsieur Ewing s’est inspiré d’une caractéristique indéniable dans le monde de la mode : présenter une collection que l’on ne peut porter (caractéristique devenue très courante dans les défilés Parisiens) mais avec néanmoins une touche d’inspiration.» E.

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« Lorsque l’on m’a annoncé que le styliste était malvoyant, je dois avouer que j’étais très sceptique, mais au vu du travail et des matériaux utilisés, j’ai été agréablement surprise par la qualité et les modèles de robes. Il y a du savoir-faire et il faut le reconnaître ! Comme quoi, la détermination est plus grande que le handicap.» A.

« Après le show, place au clap de fin. Tout le staff s’est retrouvé sur scène et les remerciements n’en finissaient plus. Mais alors, plus du tout. Beaucoup de partenaires, beaucoup de présentations mais pas assez de prises de paroles sur la marque qu’il souhaite développer. Mason Ewing semble être quelqu’un de très généreux, doté d’un immense cœur, qui a la volonté et l’ambition de donner la chance à ceux qui ne l’ont pas pour le moment. Seulement dans le milieu de la mode ou il désire se faire un nom, il n’y a de place que pour soi-même. » E.

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« Ce qu’on a aimé :
Les robes de Mason Ewing
L’humour de Charly Nyobé
Le collier en diamant qui est passé sous le nez d’Emilie

Ce que l’on a moins aimé :
Les relances des partenaires, qui faisaient un peu « marchands de tapis »
La nourriture (est-ce qu’un jour on nous proposera quelque chose de moins élaboré et meilleur en bouche ?!)
Le champagne
Le monsieur du badge qui a trouvé le moyen de nous déranger en pleine soirée, pour nous donner THE BADGE ! »

Pour faire simple,  » ce n’était qu’une première fois… »

EP & AE

A propos de l'auteur

Photo du profil de Andrea Etonde

"Storytelleuse" en tous genres.

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